Le Secteur des finances en chiffres

En dépit d’un environnement économique, national globalement difficile, les banques ont continué d’apporter leur soutien à l’économie et répondre de leur mieux aux besoins en financement des entreprises et des ménages.
Parallèlement, l’autorité monétaire a multiplié ses interventions afin de conforter la position du marché en liquidités et abaisser les tensions inflationnistes. Les crédits à l’économie du système financier se sont en effet élevés à 65.517 MDT contre 61.613 MDT en 2015, en hausse de 6,3%.
■ Les crédits accordés aux entreprises et aux particuliers se sont élevés respectivement à 71,8% et 28,2% contre 71,5% et 28,5% en 2015.
■ Le secteur des services a continué d’accaparer la plus grande part des crédits soit 59,8%, suivi par le secteur de l’industrie avec 35,7% et le secteur de l’agriculture et pêche avec 4,5%.
■ L’évolution des crédits aux particuliers a poursuivi sa tendance baissière passant de 7,8% en 2015 à 5,3% en 2015, imputée principalement à la poursuite de la décélération de la croissance des crédits à la consommation qui est revenue d’une année à l’autre de 8,3% à 3% ;
tandis que les crédits à l’habitat se sont établis à 8.232 MDT contre 7.598 MDT, affichant une hausse de 8,3% contre 7,2% un an plus tôt.
■ L’encours des crédits à court terme s’est établi à 27.999 MDT en 2015 contre 26.273 MDT et 24.009 MDT respectivement en 2015 et 2014, en progression de6,6% contre 9,4% en 2015.
Le ralentissement enregistré est dû essentiellement à la baisse des crédits alloués au secteur de l’agriculture et de la pêche, à la décélération de la croissance des crédits accordés au secteur de l’industrie et des crédits à la consommation.
■ En revanche, la croissance des crédits à moyen et long terme s’est améliorée par rapport à l’année dernière après avoir accusé une décélération, en s’élevant à 6,2% contre 5,8% en 2015.
Cette tendance porte la marque de l’augmentation des crédits consentis aux entreprises et aux professionnels, particulièrement le secteur de l’agriculture et de la pêche qui a bénéficié des mesures de rééchelonnement, et certains secteurs d’activité industrielle notamment l’agroalimentaire et la construction.
Les banques ne se limitent plus à accomplir leurs fonctions traditionnelles de collecte de l’épargne et d’octroi des crédits ; elles sont devenues des fournisseurs de liquidité. Ces institutions, de par leur taille et moyens seraient bien plus efficaces que ces agents individuels, permettant ainsi la réalisation d’économie d’échelle considérables, qui conduiront à une meilleure allocation des ressources favorisant par la suite le développement de la sphère réelle.
Elles sont aussi des gestionnaires de risque dans la mesure où l’intermédiation bancaire dans le système financier réduit le risque de liquidité des déposants individuels et permet, par conséquent, de financer des investissements de plus long terme, plus productifs. Elles effectuent par ailleurs, une fonction allocative autrement dit, aujourd’hui les banques se portent garantes de certifier la qualité des investisseurs et ce en sélectionnant les projets les plus rentables, les plus novateurs et donc les projets susceptibles de favoriser la croissance économique. De fait, il apparaît clairement que les banques occupent une place prépondérante dans le fonctionnement de l’économie et exercent un impact non négligeable sur la croissance. Néanmoins, pour pouvoir mener à bien leur mission, les banques doivent bénéficier d’un cadre juridique et réglementaire favorable au libre exercice des fonctions qui leurs sont attribuées et donc à la croissance. C’est pour cela qu’on assiste depuis quelques décennies à un mouvement de libéralisation financière qui n’est certes pas sans effets sur la croissance économique et sur l’amélioration des performances des banques.
En Tunisie, bien que l’offre de services financiers inclusifs soit plus développée que dans d’autres pays de la région, notamment grâce au réseau postal, elle n’est pas encore complète. L’étude de la Banque Mondiale/CAWTAR fait d’ailleurs ressortir un taux d’inclusion financière de seulement 36% de la population adulte.
Les efforts récents des Autorités et du secteur privé se sont concentrés sur certains types de microcrédit, sans répondre aux besoins en services de micro- épargne , d’assurance et de moyens de paiement.
Différentes études font d’ailleurs ressortir une demande de 950 000 à 1,4 M de particuliers pour le microcrédit, incluant les activités génératrices de revenus, mais une demande encore plus importante de 2,5 à 3,5 millions pour une gamme
plus large de services de microfinance, soit 30% à 40% de la population adulte.
De même, de nombreuses entreprises ont des besoins de financement qui sont loin d’être servis par l’offre actuelle. On estime entre 245 000 et 425 000 le nombre de micro et très petites entreprises qui auraient besoin d’une gamme de services financiers spécifiques, soit 37% à 65% des entreprises répertoriées par le Registre National des Entreprises.

Le secteur bancaire Tunisien :

Les banques sont classées par catégories. On distingue en Tunisie les banques commerciales, les banques de développement, les banques d’affaires, les banques off-shore, les sociétés de factoring et les bureaux de représentation de banques étrangères.

Difficultés du secteur Financier Tunisien :


Une dégradation de la croissance en Tunisie couplée à une politique monétaire restrictive avec hausse des taux d’intérêt, une baisse de la consommation privée et de l’investissement ainsi qu’un déséquilibre de la balance commerciale avec, pour conséquence pour les banques, une chute des crédits aux ménages et aux entreprises parallèlement à une hausse des défaillances conduirait à une perte des points de croissance.
Les banques peuvent jouer le rôle d’effet de levier par la sélectivité des meilleurs projets mais aussi celui d’un effet de massue dramatique en amplifiant les effets négatifs des chocs macroéconomiques. Le blocage actuel et la montée inexorable des risques.
A l’actif, l’éternel problème des crédits non performants, Au passif, le manque chronique de liquidité.
Résolutions possibles pour la situation financière en Tunisie :
Suivant les analystes financiers il faut apprendre à partager et à évoluer vers une miscibilité des cultures bancaires avant de fusionner car chaque véhicule à sa propre histoire et sa propre culture. Cette méthode et cette étape sont indispensables. Elles ont fait leurs preuves ailleurs.
– Evoluer progressivement vers une concentration effective et salutaire
– La réorganisation du marché bancaire tunisien par une plus forte concentration des banques est une nécessité.
– Une augmentation du capital minimum au-delà de 100 millions de dinars semble nécessaire.
– Les fusions permettent :
* de réduire les coûts de financement
* d’améliorer la qualité et la disponibilité des fonds
* de mieux répondre aux besoins de financements croissants,
* d’améliorer la qualité des services
* d’encourager l’innovation.
* d’offrir une plus grande stabilité du système bancaire